Révision de la rémunération variable : avantage ou non pour les salariés ?

Le nouveau système de « bonus » récemment présenté par Michelin permet d’éviter la double peine pour le salarié en cas de bonus Groupe faible en décorrélant partiellement bonus Groupe et bonus Equipes. C’est une bonne nouvelle pour les salariés. Petit bémol : il limite également les bénéfices potentiels en cas de performance élevée sur le bonus Groupe. Globalement cette évolution va dans le bon sens. La CFE-CGC regrette toutefois que la modification introduite ne corrige pas davantage l’envolée des rémunérations variables à partir de la lettre H, ce qui aurait été en faveur de plus d’équité et de cohésion sociale dans notre entreprise.

Le Groupe modifie son système de rémunération variable en introduisant une modification du système d’indexation du Bonus Equipes sur le Bonus Groupe. Désormais, cette indexation sera encadrée dans une fourchette de 80% à 120% du bonus Groupe alors qu’auparavant, il n’y avait ni plancher, ni plafond à cette indexation.

Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les salariés ? Lorsqu’on regarde ce qui s’est passé les années précédentes, le bilan est contrasté.

Le principal avantage de cette modification est d’éviter la double peine pour les salariés en cas d’atteinte limitée du bonus Groupe, en garantissant un minimum de 80% sur le niveau d’atteinte des objectifs équipes. On décorrèle quelque peu le niveau des objectifs équipes de ceux du bonus Groupe. C’est une avancée que la CFE-CGC avait demandée et donc qu’elle salue puisqu’elle permet de redonner du sens aux objectifs équipes (à condition que ces objectifs équipes soient en lien direct avec l’activité du salarié). Côté entreprise, ça permet aussi de mieux anticiper les évolutions de la masse salariale et éviter les effets de « swing » connus ces dernières années. Elle permet donc à l’entreprise un meilleur pilotage.

En revanche, cette modification corrige seulement à la marge le principal écueil de l’actuel système de rémunération, à savoir l’envolée des bonus à partir de la lettre H. Malgré nos demandes répétées, la courbe des rémunérations variables reste exponentielle, à fortiori en cas de performance du Groupe élevée avec des rémunérations variables pouvant atteindre 6 chiffres pour quelques « happy few » quand beaucoup de salariés auront une rémunération variable n’excédant pas 4 chiffres. La CFE-CGC continuera donc à porter le sujet au travers de propositions vers davantage d’équité et de cohésion sociale. Et des idées, nous en avons ! Intéressés par ce sujet ? contactez vos élus pour échanger avec nous.

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