Affirmations de M. Menegaux : vrai ou faux ?

Florent Menegaux s’est beaucoup exprimé ces derniers temps que ce soit en externe (interviews, auditions à l’Assemblée Nationale et au Sénat) qu’en interne (vidéo de commentaire des résultats, dialogue avec les salariés).

Le respect des faits étant une valeur cardinale du Groupe, nous avons vérifié certaines de ses affirmations qui nous avaient interpellées. Voici le résultat de ce « fact checking » :

 A VERIFIER : « Les activités de production perdent de l’argent en France » (Sénat 22/01/2025) 

Les résultats de la société française (MFPM) sont déficitaires ou faiblement bénéficiaires en raison du poids des restructurations qui se sont enchaînées depuis des années et qu’on retrouve dans le résultat exceptionnel, systématiquement dans le rouge depuis longtemps.  


Mais la lecture des comptes ne permet pas d’établir directement si les activités de production françaises – qu’on retrouve dans le résultat d’exploitation – perdent de l’argent. Qu’elles ne soient pas au niveau de rentabilité défini par le Groupe est une chose, qu’elles perdent de l’argent en est une autre.

Dans un échange avec les salariés, M. Menegaux a précisé que « globalement » (sic) les usines françaises perdaient de l’argent, en raison de taux de charge actuellement trop faibles. Nous sommes dubitatifs, notamment pour certaines usines positionnées sur des produits à forte valeur ajoutée : Les Gravanches, Roanne pour le Tourisme Haut-de-Gamme, Bourges pour l’avion, Le Puy-en-Velay pour le Génie civil. Nous avons donc demandé des éléments étayés en CSEC. A suivre.

FAUX POUR LA FRANCE : « La masse des dividendes versés progresse moins vite que les salaires » (Le Monde, 13/02/2025 )

Quelle que soit l’année de référence considérée (2021, 2022, 2023), le montant des dividendes versés a progressé en pourcentage plus rapidement que les salaires en France.

En prenant 2021 comme année de départ pour avoir une perspective sur 5 ans, les dividendes versés ont progressé de 140% quand les salaires ont progressé entre 17% et 20% en cumulé selon la catégorie (agents, collaborateurs, cadres).

En prenant 2022 comme année de départ, les dividendes versés ont progressé de 22% en cumulé contre 12% pour les salaires cadres et 13% pour les salaires collaborateurs et agents.


En prenant 2023 comme année de départ, les dividendes versés ont progressé de 10% en cumulé contre 7% pour les salaires cadres et 8% pour les salaires collaborateurs et agents.


Pour les autres pays, nous ne disposons pas des données pour faire la comparaison.

VRAI… MAIS INCOMPLET : « 8,3 milliards d’€ de valeur ajoutée est revenue aux employés, soit 8 fois plus que ce qui est prévu en dividendes pour les actionnaires » (vidéo Intranet commentaire des résultats 12/02/2024) 

Il s’agit d’un élément de langage standard des Groupes du CAC40 pour expliquer aux salariés qu’ils sont les premiers bénéficiaires de la valeur ajoutée créée.

La valeur ajoutée est un indicateur qui répond à des normes comptables. Et comptablement, le montant des frais de personnel dans cette valeur ajoutée représentait effectivement pour 2024 plus de 8 fois plus que les dividendes versés aux actionnaires.   Mais c’est occulter le fait que ces frais de personnel regroupent à la fois des rémunérations fixes, variables et des charges sociales. Cette somme n’est que la rétribution d’un travail sans lequel le Groupe ne pourrait pas obtenir ses résultats, ce qu’a d’ailleurs volontiers reconnu Mr Menegaux dans un échange avec les salariés. Les frais de personnel doivent donc être considérés comme un facteur de production, au même titre que le capital apporté par les actionnaires et les matières premières et services achetés. Ni plus, ni moins.

Comme le recommandait le cabinet Secafi dans son rapport au Comité de Groupe France en juillet dernier, pour apprécier la part de valeur ajoutée dont bénéficient vraiment les salariés, il faudrait uniquement se focaliser sur la rémunération variable.   

Il convient également de regarder la dynamique. Le cabinet Secafi montrait ainsi que tendanciellement la part revenant aux salariés était sur une pente descendante (perte de 15 points entre 2009 et 2023), tandis que la part dévolue aux actionnaires ne cesse de progresser.


Et, de fait, avec une part de 7,8% de la valeur ajoutée en 2024, le pourcentage de la valeur ajoutée restitué aux actionnaires sous forme de dividendes n’aura jamais été aussi élevé. Et encore, le Groupe, comme les autres sociétés du CAC40, se cantonne aux seuls dividendes. Il conviendrait d’ajouter les rachats d’actions (502 M€ en 2024), ce qui porterait le % de la valeur ajoutée 2024 attribuée aux actionnaires à 11,6%, soit presque 3 points de plus.

Analyse faite par le pôle économique de la CFE-CGC






Une réponse à “Affirmations de M. Menegaux : vrai ou faux ?”

  1. Dartagnan dit :

    Une très bonne analyse faite par votre pole économique

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