Lors du CSEC de mai, le cabinet Secafi a présenté les résultats 2024 du Groupe. Il en ressort que les SG&A (= frais généraux) de Michelin sont parmi les plus bas des manufacturiers. La comparaison avec Continental et Pirelli était plus compliquée car le pneumatique n’est qu’une partie de leurs activités. Une analyse décapante de notre pôle économie…

Dès lors, on peut s’étonner de la énième chasse aux SG&A engagée par le Groupe cette année encore. Quand on est déjà maigre, attention à ne pas devenir anorexique, surtout que cette comparaison intègre les frais de R&D.
L’explication de cette chasse vient à la fois de la stagnation du chiffre d’affaires autour de 28 milliards depuis 3 ans et des engagements de rentabilité pris auprès des actionnaires.

Concernant le chiffre d’affaires (CA), le constat dressé par le cabinet Secafi est préoccupant : à fin 2024, trois moteurs de croissance sont à l’arrêt ou presque : volumes (en recul malgré la légère croissance des marchés), effet prix qui est arrivé au maximum de ce que peut absorber le marché, croissance du hors-pneu inférieure aux attentes… Les résultats du premier trimestre 2025 n’ont fait qu’étayer ce constat. Seul l’effet-mix tire encore la croissance du CA. Mais pour combien de temps encore ?
Dès lors, en l’absence de croissance, le seul moyen pour le Groupe de se conformer à ses engagements de rentabilité auprès des actionnaires est de baisser les coûts.
Or, le Groupe s’est engagé sur un taux de résultat opérationnel à 14% en 2026 alors que depuis 2021, ce taux tourne autour de 12,5%. Il lui faut donc aller chercher 1,5% dans un environnement marché plus que chahuté et incertain. La réduction des coûts risque donc de s’accélérer. Sachant que les SG&A sont majoritairement des coûts salariaux, nous redoutons de nouvelles restructurations et autres réorganisations, tant dans l’industrie que le tertiaire dans un avenir proche…
Dominique Bourgois, Délégué syndical
Michelin c’est surtout un bénéfice déjà très important, ce n’est pas aux salariés de toujours faire des efforts, c’est au actionnaires de réduire leurs attentes qui sont hors sols et qui provoque des fermetures d’usines (ce n’est pas finis d’ailleurs ).
Quand on compare la marge net de Michelin ans les années 60-70-80 (quand les usines ne fermer pas)et maintenannt quand elles ferment c’est une honte.
Michelin, c’est nous. Nos emplois, notre avenir, notre responsabilité.
Si nous devons, pendant quelques temps, faire attention à nos dépenses, gèrer nos déplacements avec sens ( c’est bon pour la planète ) et mettre en veille quelques dépenses, pour piloter nos résultats, c’est aussi dans notre intérêt. Ce n’est que ma vision bien évidemment
On ne peut qu’être d’accord avec cette vision responsable. Si la chasse aux coûts n’est pas la chasse aux salaires, aux rémunérations et qu’elle est une chasse aux dépenses inutiles, elle est vertueuse.