Les résultats de la négociation salariale ont suscité beaucoup d’émois parmi les salariés. C’est en réalité le fruit de deux visions peu conciliables entre direction et organisations syndicales. La direction est focalisée sur les coûts et la compétitivité quand les organisations syndicales se préoccupent d’abord des Hommes et des Femmes. Dans un tel contexte, le dialogue social recule devant des instructions descendantes. Le Profit prime sur le People. Confrontées à une telle situations, les organisations syndicales doivent s’unir pour défendre les salariés.
Coup de gueule d’un élu qui a vécu les échanges avec l’employeur sur les NAO. Extraits :
» Incompréhension, déception, colère sont les sentiments dominants exprimés par grand nombre de salariés à l’issue de ces NAO. Jamais nous n’avions reçu autant de réactions des salariés toute catégorie confondue. Jamais. Pour autant, pour les acteurs que nous sommes, l’issue de cette « négociation » n’est que l’expression du rapport de force entre deux visions peu conciliables de la situation des salariés de la MFPM.
D’un côté, dans la cabine de pilotage, une direction clinique, éclairée à la seule lumière des chiffres :
A ce contexte s’ajoutent des ressources contraintes au niveau du Groupe en raison d’un profit warning qui a coûté cher, très cher même : 416 M€ de rachats d’actions de plus qu’annoncés lors de la publication des résultats du S1 pour enrayer la chute du cours de bourse suite au profit warning.
Taxés à 8%, cela représente une dépense totale pour le Groupe de 450 M€. Et une décision logique qui s’impose donc d’elle-même (et qui en appelle d’autres ?) : à défaut de pouvoir légalement faire baisser les rémunérations, encadrer la masse salariale. «
Vos élus sont sortis très frustrés des NAO. Il faut le savoir, les négociations annuelles obligatoires n’imposent pas à l’employeur de passer un accord avec les organisations syndicales. Il suffit de les réunir.
» La Direction a imposé sa feuille de route et des salaires médians inférieurs aux salaires du marché. Vision financière assumée, P de Profit. Comme d’habitude, la CFE-CGC avait bossé avec rigueur et sérieux, misant sur des propositions très raisonnables et avec des pistes annexes de rémunération. Nous avons porté une vision humaine, orientée People. »
Tous les élus sont marqués par les délocalisations, la sous-activité, le désarroi de certains services, la déshérence de centaines de salariés en mission. Ils voient aussi les excellents résultats du Groupe et le non moins excellent retour aux actionnaires : 87% du résultat net 2024 rendu aux actionnaires en 2025.
Deux visions fort éloignées donc. Profit vs People. Est-il possible de les réconcilier ? Vos élus CFE-CGC sont convaincus qu’il est encore possible de dialoguer avec les représentants de l’employeur et de remettre le P de People au coeur des préoccupations de Michelin. C’est ce qui nous motive et nous anime. Nous demandons à l’employeur de revenir à la table des négociations pour réfléchir à la juste récompense de l’engagement des salariés.
Nous ne sommes pas seuls. Les autres organisations syndicales sont également prêtes à des actions communes afin de convaincre Michelin que le débat et le dialogue sont plus riches et efficaces que des décisions top-down. Oui, c’est le pot de fer contre le pot de terre. Mais nous gardons notre motivation et notre volonté de faire bouger les lignes chez Michelin.