Salaires et pouvoir d’achat : les attentes sont fortes

La NAO salaires se tiendra en janvier prochain. La CFE-CGC rappelle plusieurs éléments de contexte à la Direction :

1- L’entreprise se porte très bien : le Résultat Opérationnel Sectoriel (ROS) sera au-delà des attendus fixés début 2021 et le Free Cash Flow (FCF) sera supérieur à 1,2 milliard d’€ selon le consensus des analystes financiers.  Le Groupe a très bien traversé la crise et a les moyens financiers de reconnaître les efforts des salariés qui ont contribué à ces résultats.  2- L’inflation est forte, trop forte : + 2,8%/an d’après le dernier chiffre disponible de l’INSEE. Chacun la ressent au travers de ses dépenses incompressibles et de première nécessité : alimentation, énergie, carburant…
En 2021, la Direction avait utilisé l’absence d’inflation en 2020 pour justifier le 0% pour la plupart des collaborateurs et cadres. Logiquement, elle devrait donc utiliser le même argumentaire pour augmenter tous ses salariés au minimum à la hauteur de l’inflation en 2022.  Quand ça marche dans un sens, ça doit marcher dans l’autre.

3-  Florent Menegaux rappelait dans son interview à France Inter le 29 novembre les difficultés de recrutement sur les sites industriels, notamment Cholet, Troyes, Bourges. Ces difficultés sont réelles et déstabilisent les équipes. Une des explications de ces difficultés de recrutement tient dans le niveau de salaire insuffisamment attractif.

4-Les salariés ont le sentiment d’une redistribution inéquitable des profits. En 2021, les actionnaires ont récupéré 65% du résultat net 2020. Pour 2022, la Direction a d’ores et déjà annoncé qu’elle distribuerait au moins 50% des bénéfices aux actionnaires et le dividende est attendu en forte hausse. Ce traitement « deux poids, deux mesures » est de moins en moins acceptable pour les salariés. Et même si les variables devraient être conséquentes en 2022, elles ne remplacent pas les augmentations de salaire. Elles ne sont pas « interposables »: hors de question d’accepter une modération salariale sous prétexte que les variables sont bonnes.

5- Le Groupe traverse de nombreuses réorganisations qui se traduisent par des départs massifs d’effectifs. Ces réorganisations interviennent dans un environnement fortement perturbé par le contexte mondial : ruptures d’approvisionnements, tensions sur les matières premières, incertitudes sanitaires… Dans ce contexte très difficile, les salariés ont fait preuve de flexibilité et d’engagement pour répondre aux demandes. Mais comme l’a reconnu Mr Menegaux dans son interview à France Inter, ils sont fatigués. Et méritent donc que leurs efforts soient justement reconnus

Notre organisation syndicale engagera un dialogue social constructif pour proposer des augmentations justes et méritées à TOUS les salariés. Nous appelons l’entreprise à ouvrir ce dialogue rapidement : les salariés veulent être entendus et pas seulement écoutés.

4 réponses à “Salaires et pouvoir d’achat : les attentes sont fortes”

  1. Franck dit :

    Bonjour,
    L’entreprise « saucissonne » le % d’augmentation:
    AG, AI, PA et CA.
    Ce qui finalement l’autorise à délivrer ou pas ces dits %.
    Faudrait-il commencer par négocier un % global?
    Je trouve que ce fonctionnement n’est pas très Simply !
    L’entreprise gagnerait en lisibilité et vous les instances représentatives gagneraient en simplicité de négociation.

    • Laure TRINCAL dit :

      Bonjour,
      merci à tous pour vos contributions : le découpage est bien une volonté de l’entreprise qui complexifie sans aucun doute. Le « cours d’année » est dédié aux promotions ou situations particulières et ne concerne donc qu’un petit nombre de salariés, souvent les « haut-potentiels ». et la PA cesse de s’appliquer au bout de 16 ans (évolution 2022).
      Nous demandons chaque année des simplifications : vous pouvez constater en début d’article que notre revendication était Simply : 3,5% pour tous 🙂

      En réponse à LL : nous regardons aussi ailleurs, mais les résultats financiers de notre entreprise font d’elle un leader. Michelin aime mettre en avant son image d’employeur préféré, il faut mettre en adéquation l’image et les faits. De plus, vous y avez travaillé (moi aussi d’ailleurs) mais les postes étaient-ils comparables? Les contextes d’inflation ? Les efforts fournis dans une période de crise marathon? Bien sûr que ce n’est pas tout noir, nous l’avons d’ailleurs nuancé dans notre article, me semble-t-il. A votre disposition pour échanger plus amplement.

  2. Caillot dit :

    L inflation 2021 sera supérieure a 2.8 % et le zéro augmentation a commencé a la lettre O, pour ceux qui n’ont pas bénéficié du rattrapage de médiane, ce sui n est pas « cadre ».

    • Laure TRINCAL dit :

      Bonsoir Caillot, vous avez raison, nous disons la même chose et serons très clairs sur ce point lors des négociations NAO 2022. Merci pour votre commentaire.

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