Les résultats semestriels 2025 ont été publiés et comme dirait le commandant Turbo :

Les résultats ont en effet un air de déjà vu, à savoir un recul des volumes (-451 M€) intégralement compensés par un effet prix-mix (+ 499 M€).
La Direction poursuit inlassablement sa stratégie de valeur en privilégiant la rentabilité aux volumes : pas d’inflexion sur le sujet. Il est particulièrement inquiétant de constater que les volumes vendus reculent depuis 13 trimestres consécutifs (plus de 3 ans !), avec de forts impacts sur l’industrie dont les taux de charge n’en finissent pas de baisser, entraînant d’inévitables restructurations.
D’autres facteurs défavorables (taux de change, hausse matières premières, augmentation des coûts industriels et logistiques en lien avec les droits de douane) viennent dégrader le résultat opérationnel, en fort recul (-18,5% et -330 M€) par rapport à la même période de l’année dernière. Pourtant, nos dirigeants adoptent la « positive attitude » en maintenant les objectifs 2025, à savoir un Free Cash Flow Libre avant Acquisitions supérieure à 1,7 Milliards d’€ avant acquisitions et un Résultat Opérationnel de 3,380 milliard d’€ à taux de change constant. Surtout ne pas inquiéter les investisseurs. Car la CFE-CGC reste, elle, dubitative sur la capacité du Groupe à atteindre ses objectifs dans le contexte actuel.
Sur le FCF, il y a certes une forte saisonnalité mais pour atteindre 1,7 Milliards d’€, il faudra générer 1,8 Milliards d’€ sur le seul S2 : pas impossible si on se réfère par exemple au résultat de 2023 (2,087 Milliards sur le seul S2) mais pas gagné d’avance non plus. Il faudra beaucoup de discipline et renoncer à quelques projets d’acquisition externes.
En revanche, sur le Résultat Opérationnel, pour arriver à 3,380 milliard d’€ à fin d’année, il faut aller chercher pas loin de 1,9 milliard d’€ sur le seul second semestre, alors que les moteurs sont à l’arrêt (marchés, effet prix, activité hors du pneu…) et que les vents contraires (droits de douanes, incertitudes sur les matières premières) sont toujours bien présents. Où le Groupe va -t-il aller chercher son résultat ?
Maintenir le cap dans ces conditions relève pour nous du « we have a dream ». Enfin, ce maintien de trajectoire implique en l’absence de croissance une accélération de la réduction des coûts, accélération renforcée par le message des gérants lorsqu’ils évoquent une « sur-capacité structurelle dans l’industrie pneumatique ». La CFE-CGC redoute donc dans un avenir proche de nouvelles restructurations tant dans l’industrie que dans le tertiaire.