Interview d’Aymeric, élu CFE-CGC et membre du collectif OnePlanet

Aymeric est élu à la CFE-CGC. Il est aussi un membre actif du collectif OnePlanet. Est-il possible de concilier les deux ? Pourquoi s’engager ? Nous avons posé les questions à Aymeric.

Pourquoi avoir rejoint un syndicat et pourquoi la CFE-CGC ?

Lors de mes premières années chez Michelin, j’ai pu voir la machine fonctionner. J’ai vu des personnes en difficulté (recherche de poste infructueuse => bore out, comportement inadmissible de la part de leur manager qui les humiliait en réunion, …). A cette époque, il n’y avait pas les notions d’Icare, je n’avais pas la légitimité / les outils pour intervenir. Je ne suis pas un râleur de canapé, si quelque chose ne me plait pas, je cherche a le corriger / contribuer à le corriger.
J’ai donc cherché comment aider mes collègues dans ce genre de situation ; le syndicat est le meilleur moyen. La CFE-CGC me semblait le syndicat le plus en phase avec mes valeurs de part leur LI, j’ai donc rejoint cette superbe équipe 😊

Pourquoi rejoindre OnePlanet ?

J’ai toujours eu un penchant pour l’associatif (président d’asso de festival de musique, foyer des jeunes etc…), et j’ai une forte appétence pour les sujets « planète ». Je m’inquiète de l’état du monde que je vais laisser à mes filles, j’ai donc besoin d’agir. Je suis déjà Fresqueur de la fresque du climat. Lorsque j’ai entendu parler du collectif One Planet, je me suis dit que ce serai un bon moyen de travailler avec des gens qui ont les mêmes objectifs que moi, sur un sujet qui nous tient à cœur, de manière « anarchique mais cadrée». Aussi, j’ai voulu tester un mode de fonctionnement différent des standards Michelin.
Moins de hiérarchie, plus de spontanéité.

J’ai par la suite rejoint l’équipe des « keepers », car j’aime construire. Contribuer à construire un collectif qui tourne, qui a de l’impact et qui change les choses est un chouette défi.


Comment fais-tu pour concilier les deux ? ce n’est pas contradictoire ?

Je dors peu !
C’est parfois difficile d’organiser l’agenda, mais je me dis que c’est comme si je devais caler des formations ou autre, il faut y arriver. A noter que l’engagement One Planet est bénévole = 95% en dehors des heures de travail. Certains vont à la SPA, d’autre aux resto du cœur, moi, mon engagement « associatif » est orienté planète, et majoritairement chez Michelin (ce qui n’empêche pas de fresquer en dehors 😉 ).
Pour moi, il est très rarement contradictoire, et majoritairement complémentaire. Syndicat et Collectifs n’ont pas le même cadre, la même légitimité, le même fonctionnement et les mêmes leviers. La où un syndicat est légitime par les votes, l’expérience, le cadre des instances, le collectif est légitime par l’engagement « bénévole », le « savoir » de ces membres (mais pas l’expertise !! Attention, quel que soit le cadre, aux experts autoproclamés 😉 ), l’opportunité de gratter de manière spontanée et bienveillante.
Dans les faits, je vois souvent des passerelles. Des sujets difficiles à aborder d’un côté, qui semblent évident de l’autre.

La CFE-CGC a un pôle RSE, ce n’était pas suffisant pour toi ?

Aujourd’hui, les Syndicats « experts » du P people, et sont très pertinent sur le P Profit. En revanche, je trouve que nous sommes en retard sur le P Planete. Nous avons l’envie, l’engagement, et des personnes de compétences pour traiter les sujets, mais dans les faits je ne les vois pas portés en CSE, rarement questionnés dans les instances. Le meilleur exemple que j’ai pu capter, ce sont les évolutions locales, présentées et chalengées en CSSCT. Genial ! Mais nous devons aller plus loin.
Je ne dirai pas que le pôle RSE est insuffisant, mais qu’il faut l’enrichir pour passer aux actes, à l’impact concret. One Planet me permet de satisfaire ma soif d’action, mais aussi de capter beaucoup d’information, de construire un réseau, qui je l’espère, permettrons d’avancer sur les sujets planète, que ce soit au sein du collectif, ou via le pôle RSE.

Comment être élu peut-il t’aider à nourrir ton engagement OnePlanet ?

Comme partagé plus tôt, One Planet a un petit côté anarchique. Ma vision d’élus, la connaissance du fonctionnement des instances, de certains rouages de l’entreprise, m’aide à informer au sein du collectif, et parfois à améliorer l’efficacité de nos actions. Ça me permet aussi de montrer qu’avant le « titre », nous, Elus ou One Planet, sommes avant tout des personnes, engagées pour des sujets qui nous tiennent à cœur, qui ne sont pas tous compartimentés. Si je prends le sujet Planète, il est très poreux avec le People. Par exemple, nous voyons de plus en plus de personnes en mal être (eco anxiété) ou en dissonance business / valeur. Mon rôle d’élu me permet de capter ces signaux et d’accompagner les personnes si besoin.

En conclusion, je suis pour le partage et l’ouverture. Ensemble, on va plus loin 😊

Une réponse à “Interview d’Aymeric, élu CFE-CGC et membre du collectif OnePlanet”

  1. PARO dit :

    Belle complémentarité entre tes 2 missions Bravo Aymeric !

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