Résultats 2025 : entre performance et inquiétude

Alors que le Groupe annonce l’un des meilleurs résultats dans l’histoire de Michelin, vos élus CFE-CGC s’inquiètent de deux signaux. Tout d’abord les volumes continuent à reculer et la croissance n’est plus au rendez-vous. Certes Michelin est très rentable et la performance financière est excellente. Mais la croissance est indispensable pour assurer l’avenir de Michelin. Ensuite, les actionnaires restent définitivement bichonnés par le Groupe alors que les salariés sont eux au régime « 0% ». Pourtant l’engagement des salariés est clef pour l’avenir du Groupe, autant que les investissements des actionnaires. Décryptage…

1- La rentabilité plutôt que la croissance :  
 
En 2025, le CA du Groupe s’est établi à 26 milliards d’€. Cela fait 4 ans que le CA ne progresse plus, comme si le Groupe avait atteint un plafond de verre autour des 28 milliards d’€. Alors que le message martelé en interne est qu’un Groupe qui ne croît pas n’a pas d’avenir, le Groupe continue à clairement privilégier la rentabilité à la croissance. Comme d’habitude, les volumes ont reculé et l’effet-mix prix est venu contre-balancer ce recul des volumes. La stratégie de diversification en dehors du pneu peine à se concrétiser. En outre, les effets de change ont pesé défavorablement cette année (-817 M€). 

2- Une solide performance financière :  

Dans un contexte très incertain et chahuté, les performances financières du Groupe restent à des niveaux élevés : un ROS proche de 3 milliards € à taux de change constant et un Free Cash Flow avant acquisitions de 2,1 milliards d’€, soit un des meilleurs résultats dans l’histoire de Michelin. 

Par ailleurs, le Groupe reste très peu endetté. Le Groupe reste ainsi très profitable et très sain financièrement. Pourtant, le message distillé par les managers à leurs équipes est : « Michelin va mal, il faut se serrer la ceinture». Ce n’est pas ce que disent les chiffres.  
 
3- Tapis rouge pour les actionnaires :   
 
En 2024, le Groupe avait rendu à ses actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions 1 466 000 000 €, soit 73% du résultat net 2023.  
En 2025, le Groupe a rendu à ses actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions 1 649 000 000 €, soit 87% du résultat net 2024. 
En 2026, le Groupe devrait rendre à ses actionnaires sous forme de dividendes (949 M€) et de rachats d’actions (667 M€, soit 1/3 du programme de rachats d’actions de 2 milliards annoncé pour la période 2026-2028) 1 616 000 000 €, soit 97% du résultat net 2025.  
 
La part du résultat net captée par les actionnaires ne cesse donc de progresser pour flirter désormais avec les 100%, soit la totalité du résultat.

Le CFE-CGC s’offusque de cette spoliation du résultat net par les actionnaires. Elle dénonce le montant faramineux des rachats d’action et leur coût pour le Groupe (taxation à 8%). Il y a vraiment 2 poids, 2 mesures entre les parties prenantes : bombance pour les actionnaires, pitance pour les salariés. 

2 réponses à “Résultats 2025 : entre performance et inquiétude”

  1. Patrice ROTA dit :

    Je pensais que désormais la taxe sur rachat d action était passée à 33% ?

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