a- Un montant record de distribution aux actionnaires en 2024 : près de 100 Milliards d’€.
b- De fortes disparités dans les politiques de redistribution des Groupes du CAC40
c- Rachats d’actions massifs (500 M€) pour Michelin en 2024 sans effet sur le cours de l’action : argent bien utilisé ?
Selon la lettre d’information Vernimmen, le niveau de restitution aux actionnaires (dividendes + rachat d’actions) des Groupes du CAC40 s’est établi en 2024 au niveau record de 98,3 Milliards d’€.

Le niveau de redistribution aux actionnaires est proche de celui de l’an dernier, même si la répartition diffère un peu : davantage de dividendes, moins de rachats d’actions.
– En 2014, ce montant cumulé était de 46,4 milliards d’€, soit 2 fois moins.
– En 2004, ce montant cumulé était de 25,2 milliards d’€, soit 4 fois moins.
Depuis 2 décennies, il y a donc une nette accélération des montants rendus aux actionnaires.
D’ailleurs, les auteurs notent eux-mêmes que depuis 2017, les dividendes et rachats d’action des groupes du CAC 40 ont augmenté de 114% quand l’emploi au sein de ses groupes a lui progressé de 15%.
Les auteurs de l’étude défendent la thèse selon laquelle les dividendes d’aujourd’hui permettent le financement des entreprises de demain, reprenant ainsi les notions de « ruissellement » et « de premiers de cordée » chères au Président de la République. Hélas, ces transferts sont difficiles à tracer et les auteurs omettent étrangement d’analyser la nationalité des investisseurs. Les investisseurs non-résidents (=étrangers) détiennent ainsi 40% du CAC40 et chez Michelin, cette part monte à 65%. Les capitaux restitués aux actionnaires ne servent donc pas nécessairement au financement de l’économie française (si tant est qu’ils servent au financement de l’économie hors de France…).
Il existe de fortes disparités au sein du CAC 40 puisque sept groupes (Total Energies, Stellantis, LVMH, BNP Paribas, AXA, Sanofi et Vinci) sur quarante totalisent plus de 50% des fonds redistribués. L’an dernier, la photo était quasiment identique.
En intégrant les rachats d’action, le taux de distribution des bénéfices aux actionnaires s’établit à 66% (contre 72% en 2023 et 55% en 2022) : sur 100 € de bénéfices, les 2/3 vont dans les poches des actionnaires.
Concernant Michelin, c’est la première fois dans son histoire que le Groupe dépasse – très largement – le milliard d’euros distribué aux actionnaires. Avec un total de 1 462 M€, le Groupe se classe ainsi 21ème sur 40 en montants versés aux actionnaires.

En 2024, le Groupe aura été à contre-courant des autres groupes Toutefois, ce montant seul ne signifie pas grand-chose car le montant versé aux actionnaires est généralement fonction des résultats financiers. L’indicateur le plus pertinent est le taux de distribution, rachat d’actions compris. Ce taux pour Michelin s’élève à 74%, soit 8 points au-dessus de la moyenne des Groupes du CAC 40 : les actionnaires de Michelin ont ainsi capté les ¾ du résultat 2023 du Groupe. A noter que ce taux de 74% est similaire à celui de Total Energies, champion hors-catégorie du CAC 40 en montants distribués aux actionnaires : 14,5 Milliards, soit la moitié du chiffre d’affaires 2023 de Michelin !
Michelin a ainsi massivement pratiqué des rachats d’action (500 M€), alors que les autres groupes avaient plutôt tendance à freiner leurs rachats. On peut s’interroger sur la pertinence de ces rachats : en effet, ces 500 M€ n’ont pas permis de valoriser l’action puisque son cours est passé de 32,46 € le 01er janvier à 31,03 € le 24 octobre, date de la dernière opération de rachats.
Michelin n’est pas le seul dans ce cas car l’étude montre que parmi les 10 sociétés ayant pratiqué le plus de rachats d’actions depuis 2012, 6 ont sous-performé le CAC 40 sur la période. Tout ça pour ça… Dès lors, même si une partie de ces rachats ont servi au financement du Bib’action, on peut légitimement se demander si cet argent n’aurait pas été plus utile dans des investissements vers la transition climatique et/ou dans la modernisation de nos systèmes d’information qui en ont grandement besoin…
D.Bourgois, délégué syndical
Rien n’a choqué les délégués syndicaux sur les atteintes du groupe pour les parts variables ?
On dit à nos actionnaires une prévision de ROS à 3500 M€.
Mais pour nous salariés si le groupe atteint 3500 M€ le déclenchement sur le critère ROS sera de 0 %.
Si je lis correctement cela veut dire que si le groupe ne surperforme pas sur le ROS les salariés n’auront pas de part variable sur ce critère.
Ce serait bien de préciser avec le groupe les attentes la dessus.
Beaucoup de choses choquent les élus syndicaux en ce moment. Cet article pourrait vous éclairer sur le sujet https://cfecgcmichelin.org/2025/01/14/bonus-groupe-allez-plus-haut/
Le rachat d’actions pour en soutenir le cour, revient à vouloir se chauffer en brulant des billets de banques. C’est peu efficace mais ça marche tout de suite, par contre, sur le long termes…
Cela permet aussi de créer de la valeur pour les actionnaires ! Profit, profit…
Peut être que les salariés mériteraient également de profiter d’une part importante des résultats du groupe les hausses de rémunérations au titre de 2024 vont être très mauvaises les pers variables idem , l’intéressement plafonné, la participation le groupe s’arrange pour imputer des charges sur la France éliminant celle ci
Il ne reste pas grand chose pour motiver
Nous sommes bien d’accord ! Il reste les poignées de main et les tapes dans le dos.