A l’heure où nos députés s’interrogent sur le budget de l’Etat et à l’heure où le sujet des retraites reste un incontournable, retour sur quelques grands principes et les conseils de nos experts pour préparer votre retraite.
En France, le régime de retraite qui prévaut depuis sa généralisation au milieu du 20ième siècle, est le régime par répartition. Ce dernier repose sur 2 piliers que sont : le « régime de base » versé par la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) et la retraite complémentaire versée par l’AGIRC-ARRCO alimentés par les cotisations salariales et patronales.
Pour diverses raisons (économiques, démographiques, politiques…) le régime par répartition a de plus en plus de mal à se financer. Les salariés sont donc amenés à cotiser plus, plus longtemps (augmentation du nombre de trimestres requis, report de l’âge de la retraite de 60 à 62 puis 64 ans…) pour in fine percevoir une retraite plus faible (le taux de remplacement diminue de génération en génération). C’est pourquoi il devient indispensable d’ajouter une part de retraite par capitalisation afin de maintenir votre niveau de vie une fois à la retraite : c’est le 3ième pilier.
Contrairement au régime par répartition où les cotisations des actifs financent les pensions des retraités actuels, la retraite par capitalisation vise à financer votre retraite en consommant un capital, et/ou les revenus de ce capital, accumulé et investi tout au long de votre carrière. Chaque salarié épargne donc pour son propre compte. Le principe étant d’investir périodiquement, généralement chaque mois, une partie de vos revenus sur des placements que vous détiendrez jusqu’à votre départ en retraite. Date à laquelle vous pourrez sortir votre argent sous forme de rente et/ou de capital suivant votre besoin ou les modalités du dispositif d’épargne sur lequel vous avez investi.
Les avantages de la retraite par capitalisation sont la liberté et la flexibilité : il n’appartient qu’à vous de définir quand, combien et où investir votre capital et donc de moduler vos versements en fonctions de vos besoins à chaque étape de votre vie (projet immobilier, études des enfants…). Enfin, le plus important, la transmission du capital non consommé à vos héritiers en cas de décès.
L’inconvénient est votre responsabilité accrue dans la sélection des placements et la régularité de votre épargne (les versements que vous ferez) pour investir dans ces placements afin d’obtenir un capital suffisant ce qui n’est pas toujours évident surtout lorsque l’on débute.
Il est souhaitable d’investir avec régularité (idéalement chaque mois) pour atténuer l’impact des fluctuations des marchés financiers en commençant le plus tôt possible afin de profiter de l’effet vertueux des intérêts composés (les intérêts génèrent eux-mêmes des intérêts qui génèrent à leur tour des intérêts etc…etc… faisant gonfler le capital de manière exponentielle avec le temps).
Il faut adapter les placements sur lesquels vous investissez à votre situation : si vous êtes loin de votre date de départ (15 ans ou plus) vous avez intérêt à choisir des placements performants sur le long terme types fonds actions. A contrario, à mesure que votre date de départ se rapproche, il faudra graduellement sécuriser votre capital en choisissant des placements moins volatils comme les fonds euros, les fonds monétaires ou obligataires.
L’assurance vie multi-supports proposée par un courtier spécialisé avec des frais faibles car négociés est tout indiquée, les avantages sont : la flexibilité du fait de l’offre pléthorique de supports d’investissement adaptés à tous les projets et tous les horizons de placement et la possibilité d’arbitrer votre allocation, la disponibilité de votre épargne à tout moment, l’absence de frottement fiscal (pas d’impôts à régler) tant que le capital et les gains restent dans l’assurance vie, l’imposition réduite à la sortie grâce à l’abattement sur les plus-values à hauteur de 4600€ par an pour une personne seule ou 9200€ pour un couple si le contrat a plus de 8 ans et, en cas de décès, la possibilité de transmettre hors frais de succession jusqu’à 152 500€ à chaque personne de votre choix (bénéficiaires désignés).
Le Plan d’épargne retraite (PER) est le produit de référence en matière de retraite par capitalisation. Le point fort de ce support est d’offrir la possibilité de déduire les versements effectués de votre revenu imposable et donc de réduire votre impôt, vous bénéficiez ainsi de l’effet levier lié à l’investissement d’une somme que vous auriez dû verser aux impôts et qui travaillera pour vous pendant des années. En contrepartie votre épargne sera bloquée jusqu’à votre retraite (possibilité de sortie anticipée en cas d’acquisition de votre résidence principale ou d’accidents de la vie) et vous serez redevable de l’impôt à la sortie (selon le barème, mais compte tenu du fait que le Taux Marginal d’Imposition (TMI) baisse presque systématiquement à la retraite, vous devriez payer une somme moindre). Dans le cadre de l’épargne d’entreprise, la performance du PER peut être boostée par l’abondement versée par l’entreprise afin d’aider les salariés à constituer un capital pour leur retraite. En effet sur les PER Obligatoire (PERO) et PER Collectif (PERCOL) l’entreprise peut verser une somme d’argent en complément de celle versée par le salarié augmentant d’autant le capital investi.
Je vous remercie pour votre réponse très complète. J’entends vos arguments, mais je maintiens qu’il y a 2 freins psychologiques qui pour moi sont importants:
– devoir bloquer son épargne pendant 30 ou 40 ans. C’est un sacré pari, non seulement sur son avenir personnel, mais sur l’évolution du paysage financier, des systèmes de retraite, et du monde en général. Peut-on garantir que Natixis Interépargne existera toujours dans 40 ans ? Bien sûr que non.
– devoir payer des impôts sur des ‘avoirs’ qui figurent sur ses relevés de compte. Si j’ai 10000 € sur mon compte bancaire, je considère qu’ils m’appartiennent. Si j’ai la même somme sur mon PER, il me serait très difficile d’accepter de devoir payer 3000 € d’impôts dessus.
Merci pour votre retour. Je vous propose de venir en parler avec nous ! Débat passionnant en perspective.
Excusez moi mais votre article regarde les choses par le trou de la serrure.
Faut il ou non de la capitalisation?
Si oui comment on y va?
Si non comment on trouve des ressources pour la repartition?
Si vous proposez de la capitalisation que proposez vous au sein de l entreprise?
Plus de perco, d interressement? …
Faut il baisser d autres prestations notamment chomage et ruptures convientionnelles arret maladie …?
C est un tout. La mecanique detaillee des differents dispositifs n est pas le plus important.
Que faites vous auprès des deputes?
Bonjour Jean-Marie, merci pour vos commentaires et pour vos questions que nous partageons. Cet article n’a pour ambition bien modeste que de présenter rapidement la retraite par capitalisation pour ceux d’entre nous qui ne seraient pas informés. Il ne s’agit en aucun cas d’apporter une solution au débat de société actuel.
Bonjour,
Je reste dubitatif sur l’intérêt du PER en tant que placement, même dédié à la préparation de la retraite:
– le blocage de l’épargne est très pénalisant, surtout pour les jeunes générations
– psychologiquement, il est difficile d’accepter de payer des impôts à la sortie sur des sommes qu’on a versées et donc qu’on croit détenir (elles figurent sur les relevés de compte)
– escompter une baisse du taux marginal d’imposition à la retraite est plus qu’aléatoire, compte tenu de l’instabilité fiscale et de l’étendue des tranches du barème (celle à 30%, qui concerne une part importante de salariés, couvre un rapport de revenus de 1 à 3). Une baisse, même significative, des revenus à la retraite ne permet que rarement de passer à la tranche inférieure.
Merci pour votre intérêt.
Nous allons essayer de vous répondre avec précision.
– « le blocage de l’épargne est très pénalisant, surtout pour les jeunes générations »: au contraire, les sollicitations permanentes font qu’une épargne disponible se verra ponctionnée à un moment ou un autre, la bloquer permet de s’assurer d’avoir un capital à la retraite, pour les autres projets il est conseillé d’ouvrir une enveloppe propre à chacun de ces projets.
– « psychologiquement, il est difficile d’accepter de payer des impôts à la sortie sur des sommes qu’on a versées et donc qu’on croit détenir (elles figurent sur les relevés de compte) » : effectivement, néanmoins cela permet de maximiser le capital investi et donc de maximiser les gains, par exemple si vous recevez une prime de 10 000€ à 30 ans soit vous payez vos impôts et placez 7000€ pendant une trentaine d’années soit vous défiscalisez via le PER et vous placez 10 000€ sur cette même durée et là les gains sont tout autres.
– « escompter une baisse du taux marginal d’imposition à la retraite est plus qu’aléatoire, compte tenu de l’instabilité fiscale et de l’étendue des tranches du barème (celle à 30%, qui concerne une part importante de salariés, couvre un rapport de revenus de 1 à 3). Une baisse, même significative, des revenus à la retraite ne permet que rarement de passer à la tranche inférieure. »
Deux choses à retenir: lors du départ en retraite un cadre voit en moyenne ses revenus divisés par deux donc pour des cadres K,L M une diminution du taux marginal est plus que probable sans être garantie, la dernière réforme du calcul des impôts a été une diminution du taux de la première tranche de 14% à 11% donc tout est possible.
Ensuite payer 30% aujourd’hui sur une somme que l’on veut investir ou les payer dans plusieurs années voire décennies ce n’est pas le même chose en terme de pouvoir d’achat relatif, sans oublier encore une fois l’impact sur les gains réalisés.