Michelin se réjouit dans ses communications d’un dialogue social de qualité. Mais au vu de ce qui vient de se passer dans les négociations obligatoires, le dialogue social nous semble au point mort. Pour vos élus, une ligne rouge a été franchie quand ils ont compris que Michelin ne souhaitait plus reconnaître et récompenser ses salariés, engagés et sources de la (très) bonne performance de l’entreprise en 2025. Pourtant les élus CFE-CGC restent prêts à dialoguer, à expliquer leur point de vue, à chercher la meilleure des solutions pour les salariés. Nous ne baissons pas les bras et nous travaillons à des actions pour faire entendre notre point de vue, votre point de vue ! Il faut revenir à la table des négociations et ouvrir à nouveau le dialogue.
Les 21 et 22 janvier 2026, lors des négociations obligatoires sur les salaires, l’ensemble des organisations syndicales a constaté avec stupeur que Michelin ne proposait qu’1% d’augmentation générale pour les agents, et 0% d’augmentation générale et individuelle pour tous les collaborateurs et cadres. Nous avons demandé à l’employeur de suivre – a minima – l’inflation de l’année 2025, mais même cette demande légitime a été balayée d’un revers de main. Aucune possibilité de négociation réelle n’a été offerte, aucun euro supplémentaire n’a ne serait-ce qu’été envisagé par Michelin lors de nos échanges.
Dans son histoire, le Groupe Michelin a rencontré des périodes difficiles : acquisition de BF Goodrich, crises financières mondiales, Covid, entre autres. Il est déjà arrivé que le Groupe soit au bord du gouffre. Dans ces moments cruciaux, l’ensemble des salariés a toujours compris les efforts demandés, car il en allait de la survie de notre entreprise. Mais aujourd’hui marque un moment de rupture, car pour la 1ère fois de son histoire, l’entreprise demande désormais de faire ces mêmes efforts alors que la santé financière du Groupe est excellente (ce qui est bien sûr une très bonne nouvelle) et que les résultats de l’année 2025 s’annoncent parmi les meilleurs jamais enregistrés.
En réaction à cette attitude que nous considérons indigne du Groupe Michelin et de ses valeurs, la CFE-CGC travaille sur plusieurs actions, en concertation avec les autres organisations syndicales. Ainsi, au CSE de Clermont-Ferrand du 23 janvier, nous avons quitté l’instance unanimement, après avoir exprimé aux représentants de l’employeur nos revendications, et notre rejet de cette mascarade de dialogue social. Nous réfléchissons à nous retirer de certains échanges avec la Direction de l’entreprise, sous quelque forme que ce soit. D’autres actions sont en cours, dont nous vous parlerons dans les prochains jours.
Si vous avez des idées d’actions, si vous voulez faire entendre votre voix, rejoignez nous ! Les commentaires que vous laissez sur notre site sont anonymes et lorsque vous nous écrivez, les échanges sont tout à fait confidentiels.
Bonjour, personnellement je suis mitigé… la politique salariale est pays, et force est de constater que nos usines en France ne sont pas en bonne situation. Dans leur situation, le budget d’augmentation salaire n’est pas une surprise. Pour la population « centrale » qui travaille en grande partie pour l’EUR et le monde, le ressenti peut etre bien différent. Doit on etre égalitaire avec nos usines ou équitables selon notre impact… (sans prendre en compte les contraintes légales pays en terme de politique salariale)?
Par contre je ne comprends pas que l’entreprise ne compense pas en jouant sur la part variable (ajout d’une prime exceptionnelle sur les résultats Groupe), qui n’augmentera pas à long terme la MASA France, mais permet de redistribuer une partie des bénéfices du Groupe. C’est à mon sens un levier d’engagement à coté duquel l’entreprise passe dans ce contexte. De plus on manque de visibilité sur les conditions nécessaires et leviers que l’on peut activer pour changer cette dynamique salariale. 2 ou 3 années consecutives sans dynamique salariale et sans vision vont impacter l’engagement et la motivation. Et je reste très inquiet pour nos usines Fce…
Nous partageons votre inquiétude pour les sites industriels Et nous demandons à l’entreprise de revenir vers nous avec d’autres leviers d’engagement si celui des NAO est sans issue. Affaire à suivre.
EAE est effectivement un tres bon moyen pour les salaries francais de faire connaitre leur tres fort mecontentement…
Mais vous vous trompez completement sur la maniere de l’utiliser…
Cela fait des années que tout le monde continue de repondre massivement à cette mascarade… et la meilleure facon d’utiliser cette enquete pour nous faire entendre, n’est certainement pas de continuer d’y repondre meme negativement en y mettant des » pas content … » !
Il faut arreter d’y repondre tout simplement ! l’impact d’une participation a l’enquete qui passerait de » tres forte tous les ans » à « ridiculement faible » serait beaucoup plus fort que si une majorité continue d’y repondre meme negativement !
C’est tellement evident…
Je ne comprends pas pourquoi les syndicats ne font pas ce constat et l’appel à ne plus répondre qui va avec…
Et meme sans cet appel des syndicats, je ne comprends pas pourquoi la majorité des salariés clique sur le lien de l’enquête dès que le mail arrive… Qui vous a dit que c’etait obligatoire ? est ce que vous vous etes serieusement demandé pourquoi vous repondez ?
Ce panurgisme me desole… mais enchante nos dirigeants…
Commentaire intéressant… pour votre info, nous avons déjà appelé à ne pas répondre à l’enquête.
La première chose qui me vient à l’esprit : montrez le dans EAE ! Si ça ne leur coûte qu’un point d’engagement de nous marcher sur les pieds ainsi, cela leur enverra le message que nous ne sommes pas plus inquiétants que le roquet qui aboie mais ne mord pas. Le but d’EAE est d’afficher un joli taux d’engagement pour communiquer, vous sentez vous engagé(e)s envers une entreprise qui ferme les usines rentables, met la pression aux personnels tertiaires pour les faire partir sans licenciement, et se permet de telles « négociations » ? L’engagement doit être mutuel.
Effectivement EAE est un moyen de faire savoir à l’employeur que les salariés sont mécontents. A retenir en sept.
Bonjour,
personnellement, j’aurai compris cette décision si les chiffres du Groupe étaient vraiment mauvais et qu’on avait appliqué cette règle à tous les salariés du Groupe dans tous les pays (effort collectif) mais ce n’est absolument pas le cas. Les objectifs Groupe sont de plus en plus challengeants, tant est si bien que cela fait 2 ans qu’on a l’impression que ça ne va pas du tout (avec des groupe bonus en grande baisse), alors que finalement les chiffres restent dans les meilleures années de Michelin. Bien sûr grâce à une bonne gestion malgré effectivement des volumes de ventes en baisse. On est déjà impacté sur nos variables et maintenant depuis 2 années consécutives sur les salaires en France. Je comprends que cela joue sur l’engagement et la motivation des équipes pour commencer cette année 2026. S’ils acceptaient à minima de proposer dans l’année une augmentation générale de 1% pour tous par exemple (peut être que certains trouveraient cela insuffisant) mais personnellement je trouverai cela toujours mieux que zéro. Ou comme on l’a déjà vu, le versement d’une prime exceptionnelle pour compenser. Je pense qu’il faut remotiver les équipes dans un environnement déjà difficile et morose (contexte politique et international) qui ont en plus l’impression que leur travail et leurs efforts de tous les jours ne sont absolument pas reconnus alors que le Groupe peut le faire.
Merci de nous représenter!
Absolument d’accord avec vous ! Il faut effectivement remonter le moral des salariés et cette décision n’aide pas.